Marie des grèves ....

MASCARADE ...

Comme c'est dommage que pendant l'enfance , nous n'ayons pas conscience du bonheur que représente cette partie de  vie : c'est plus tard, bien plus tard même, quand les évènements familiaux se chargent de vous briser que ce bonheur de l'enfance vous hante.

 

Est-cela le bonheur ?  Il me semble que ça y ressemble ! Insouciance, légèreté des jeux de l'enfance à travers le jardin et la maison des vacances….. Pourquoi sont-ce seulement ces moments-là, passés chez ma grand-mère Nénaine qui immortalisent mon enfance ? Me lever tôt le matin, avant mes sœurs, accompagner Nénaine dans les premiers travaux de la journée, soigner poules et lapins, verser le lait fumant dans l'écrémeuse ….. J'ai huit ans, dix ans ?

 

Et tout ce bonheur, Anna, il te faut l'oublier : une mascarade, tout cela ne fut qu'une mascarade ! Non ! Jamais ! Cela m'est impossible ! La tonnelle m'apaise de sa douceur ombragée….. c'est ma cabane, je suis une petite fille, je me chamaille avec mes sœurs, Nénaine nous appelle : « c'est l'heure du goûter », des grandes tartines de pain beurré recouvertes de fraises écrasées. Je vis. J'existe. Je suis vivante.

 

Blessée , révoltée, incomprise, submergée d'une violence incontrôlée, devant « l'histoire », cette histoire, notre histoire, ce secret de famille, de fait secret de polichinelle , cet inceste, qui vous broie, vous torture, vous culpabilise, vous transforme à jamais. Plus rien, jamais, ne sera comme avant ! Et jusqu'où faire remonter cet « avant » ?

 

Mon père,  Papy Auguste, c'est lui. Lui et son double. Le professeur brillant, l'officier des Palmes académiques, le catholique pratiquant, l'Amoureux du Cotentin, le pervers, le narcissique, l'égocentrique, le mari de maman, Papy, Papa….. c'est lui !

 

Sa seconde fille, ma sœur, Françoise  ; sa petite-fille, ma fille, Sophie, mon bébé si fragile, mon amour, toi aussi, je hurle ; et les autres petites-filles, Clarisse, Laurie et Justine, là pendant ces dernières grandes vacances….. « un vieux monsieur, faire ça ! quel cochon ! » Toutes, sauf une, Emilie, la fille de Françoise, pourquoi ne l'a-t-elle jamais confiée à nos parents ?

Et celles qui ont partagé nos vacances, nos cousines ?

Et une petite fille adultérine……Cinq filles plus une, inconnue, inexistante, adoptée dès sa naissance, aux bons soins de la mère supérieure de Notre-Dame-du-Bon-Secours, merci mon Dieu !

 

Histoire de famille , bien sous tout rapport…… secret enfin levé : la vie s'écroule…. plainte, gendarmerie, enquête, convocation, avocat, garde à vue, mise en détention préventive……fin d'une vie !

 

Aucune journée ne peut se dérouler sans que mes pensées ne soient envahies à un moment ou à un autre par le poids si douloureux, si insupportable de cette histoire, notre histoire, mon histoire.

 

C'est un échange téléphonique avec ma mère pendant nos vacances,  qui évoque sans y prendre garde, une nouvelle lettre de Florence, reçue avant notre départ  et dont elle ne m'a pas parlé pour ne pas me peiner. Mais qu'est-ce qu'elle veut Florence ? Pourquoi s'acharne-t-elle sur notre mère ? Elle souffre Florence, comme nous toutes. Chacune d'entre nous ressent cette souffrance différemment. Mais moi je ne peux comprendre cet acharnement sur notre mère. Quand notre père violait Françoise, elle n'a rien fait…. Le pouvait-elle, enfermée dans une dépression terrible, alors que nous attribuions cet état à la naissance de Florence ? Comment une mère peut-elle abandonner son enfant aux mains d'un prédateur, quand bien même fut-ce son mari ? Nombre d'études de psychiatres, de psychologues révèlent des comportements identiques.

Se reporter 45 ans en arrière, cinq filles, aucune formation professionnelle, la dépendance totale par rapport à son mari, que faire ? Ce mari qu'elle a aimé, elle ne cesse de le dire, elle y pense chaque jour ! Petite fille séparée beaucoup trop tôt d'un père aimant qu'elle adorait, « qui la faisait rire » , décédé lorsqu'elle avait huit ans. Et le rire n'est revenu dans la demeure familiale, la « ferme de l'Isle », qu'à l'arrivée de notre père.

Pour les « petites » , elle n'a rien vu, rien su : je la crois. Françoise, elle aussi, me l'a dit, elle n'a jamais imaginé qu' IL s'attaquerait aux « petites ». C'est tellement incroyable, inconcevable…… un père, un grand-père. Mais pourquoi reporter sur notre mère, toute cette haine, cette violence ? Mes sœurs pensent-elles parfois à ce que fut sa vie ? Vingt-deux ans, quatre enfants, quatre filles….. subir encore et toujours…une enfant adultérine, dont nous n'avions jamais connu l'existence, alors que toute la famille « savait » ! Elle aurait dû partir, ne pas accepter….Que faire avec ses quatre petites filles ? Où aller ? Retomber sous la coupe matriarcale de sa propre famille? Je peux comprendre qu 'elle ait fui cette situation. Elle a continué à supporter humiliations, honte, soumission à cet homme « qu' elle aime » !

 

Les jours, les mois passent… ça va mieux, on le croit. Mais non , c'est impossible ! Il me semble que jamais , je ne retrouverai joie de vivre, sérénité , bonheur, rires, sourires…. que je ne retrouverai la vie tout simplement. Est-ce vraiment nécessaire en fait? Ne suis-je pas sur cette terre pour porter le fardeau de la faute paternelle ? Ce père que j'ai tant admiré, ce père dont j'ai cherché toute ma vie la reconnaissance et l'amour ! Amour qu'il était incapable de donner puisqu'il n'aimait que lui-même. Egocentrique , narcissique, pervers…. C'est mon père, c'était mon père : il est mort, il y aura bientôt un an, mort en prison, enfin pas tout à fait . Il a cessé de s'alimenter, refusé de voir ma mère, hospitalisé, pas revu, dernier souffle, pas seul, avec Cécile.

 

Tout détruit, tout gâché, tout contrôlé ! ma mère, ma sœur, ma petite fille….. et les autres, combien ? Françoise, ma sœur, juste la suivante, je te revois enfant, ta petite tête ronde, tes blonds cheveux , plus « sage » que moi, plus calme, plus obéissante…. Je ne me souviens pas de bêtises que tu aurais pu commettre alors que moi je n'en ratais pas une !

Et puis notre déménagement de Caen où nous vivions dans un appartement, où les quatre filles dormaient dans la même chambre, pour une « maison neuve » . Deux filles par chambre, Cécile et Françoise, à l'étage, près des parents, Claudine et moi, au rez-de-chaussée, (ce qui me permettra de sortir par la fenêtre, un jeudi après-midi où je fus enfermée dans la chambre ,en punition, à cause d' une rédaction). L'adolescence, 13 ans, 14 ans, la naissance de Florence. C'était la fin des vacances d'été. Nous étions encore chez Nénaine, exceptée Françoise qui était repartie à la maison avec les parents pour la naissance. Et pourquoi Françoise ? qui en avait décidé ainsi ? alors que je serai la marraine de Florence, droit d'aînesse quand même… premier souvenir de jalousie envers ma sœur. J'essayais de  minimiser et de me rassurer : elle est plus calme, plus posée . Pas de réponse ! ça passe ! J'attends avec impatience « l'heureux événement »,  garçon ou fille ? Je dois broder le prénom du bébé sur un bavoir à petits carreaux vert et blanc que j'ai réalisé de mes mains : Yves ou Florence ? Une cinquième fille…. Va pour Florence. J'avais aussi brodé, ces vacances-là, des serviettes à thé, dont j'étais très fière, pour maman. Elle me les a d'ailleurs données lorsqu'elle a quitté la maison de St Martin.

 

La vie reprend son cours. Cette petite sœur, un beau bébé, nous jouons à la poupée. Rien dans le comportement de ma sœur ne laisse transparaître son calvaire. Rien mais des changements qui attisent ma jalousie d'adolescente. Pourquoi a-t-elle le droit, elle, de regarder la télé les soirs où il y a classe le lendemain ? pourquoi est-ce mon père qui l'accompagne choisir ses vêtements ? une robe en lainage ivoire, un manteau d'été à rayures, blanc, rose et gris pâle : j'enrage ! Ce n'est pas juste ! et d'autres vêtements encore, chics, « classe », alors qu'à cette période, je sais que la situation financière de la famille est difficile avec les échéances de la maison. Rien , aucune explication, aucune signe compréhensible pour moi de Françoise. Et maman ? souvenirs de cette période : « tirer le diable par la queue », cuisiner, tricoter, laver, coudre, servir son mari…. C'est vrai, il travaille énormément mais quand il rentre : « ne pas déranger SVP » !

Et je ne vois rien, et je n'ai rien vu, rien compris, bordel de merde ! et « ça » se passe à la maison. Claudine et moi dormions au rez-de-chaussée, c'est un fait, Françoise et Cécile, toutes les deux à l'étage . «  Va dormir avec ta mère », et Cécile de rejoindre maman dans sa chambre alors que notre père se glisse à côté de Françoise pour la nuit ! et rien ne transparaît le lendemain matin de cette situation. Chacun se prépare , prend son petit déjeuner, part pour l'école, rien, nous ne voyons rien, ne devinons rien du drame qui se joue à la maison. Et maman, comment passait-elle ses journées ?

Cette profonde dépression que tout le monde mettait au compte de la naissance de Florence, nous en comprenons maintenant en partie l'origine : mettre un enfant au monde pendant que son mari , le père de ses enfants a une relation incestueuse avec une de ses filles, que faire pour survivre, pour ne pas abandonner les autres enfants ? se refermer sur soi-même, se recroqueviller dans son lit des journées entières, se ratatiner, se dessécher, mourir , disparaître…… ou survivre pour les autres enfants

 

 

 

 

 

 

Chapitre 1

 

 

Les Tilleuls, c'est une maison où règnent les femmes, quatre générations de femmes : Timine, l'arrière grand-mère, Nénaine , la grand-mère, Thérèse, la mère, et les quatre filles, Anne-Marie, Françoise, Cécile et Claudine. La cinquième, Florence, encore une fille, naîtra quelques années plus tard. Le père Auguste, mon père y règne cependant en maître. Paul, mon parrain, frère de Nénaine, vieux garçon, complète la famille.

 

C'est une « maison de maître », 9 chambres, une tourelle, une parc , un bassin, une tonnelle, un lavoir, un pigeonnier, un légumier, un verger……inventaire à la Prévert, un paradis pour une petite fille de six, sept ans ; c'est à cet âge me semble-t-il que je vis mes plus belles années d'enfance. Peut-être que le temps passant , j'embellis cette partie de ma vie mais c'est de cela dont je me souviens et c'est tant mieux !

 

Cette propriété fut acquise par ma grand-mère en 1950, quand elle quitta la ferme de l'Isle à Pontorson. Elle s'installa donc à Saint-James, chef-lieu de canton du sud-manche avec son marché du lundi, sa rivière «  Le Beuvron », sa filature, son cimetière américain…..

C'est une grande maison sans style précis, un peu « rococo » , avec sa tourelle. Mais celle-ci lui confère à mes yeux, une prestance digne d'un château. Et puis dans cette tourelle, à l'étage, il y a la chambre ronde !

Je n'ai rien oublié : les murs de la façade peints en fausses briques rouges, les entourages des fenêtres couleur crème, la marquise qui surplombe l'entrée principale, la serre accolée au pignon droit, l'allée centrale couverte de rosiers grimpants qui s'accrochent aux arceaux, le portail et le portillon en fer forgé….. Je cours, je franchis les quelques marches, j'actionne pour le plaisir la cloche d'entrée, la porte s'ouvre, je suis chez Nénaine !

Quelques années plus tard, l'intérieur de la maison sera entièrement refait, mais c'est toujours la version originale qui hante mes souvenirs et qui parfois se mélange avec le nouvel aménagement. C'est sans importance !

J'ai vécu dans cette maison les années qui ont marqué ma vie et j'ai été très triste quant il fût décidé de la vendre dans les années 70. Ce fut comme une amputation, une partie de moi-même qui disparaissait à tout jamais mais les souvenirs restent intacts.

Jusqu'à mon âge de 14 ans, nous y avons passé toutes nos vacances . J'y ai vécu aussi une certaine période avec ma sœur Claudine et ai fréquenté l'école maternelle de St James. Mes deux autres sœurs vivaient , elles, avec nos parents près de Caen. Notre mère était très fatiguée après quatre grossesses successives : 1948, 1949, 1950, 1951….

C'est dire l'importance que revêtent pour moi ces années , années de joie toute simple, pour une petite fille encore si loin des cruautés de la vie adulte, entourée par une grand-mère aimante qui occupe une si grande place dans sa vie. Tous les souvenirs d'enfance qui s'imposent à moi sont centrés autour de ma vie à St James.

 

Les journées de vacances s'organisent comme un rituel …

Souvent , je dors avec Nénaine… Normalement, c'est chacune notre tour, entre mes sœurs et moi, mais j'essaie toujours de « gagner » un tour !

Je me lève vers 7h, à la même heure que ma grand-mère , j'apprécie ce moment privilégié où je suis seule avec elle !

J'ai un tablier en « pouche » …. C'est de la toile de jute, un vieux sac à patates ! comme Nénaine ! de petites galoches de bois  avec des chaussons en feutre noir semelle de cuir appelés « kroumirs » …. Equipement indispensable pour attaquer les travaux matinaux de la ferme ! je suis si fière et si loin de Caen , de la ville, de l'école !

Avec ma grand-mère , c'est une vraie complicité et pourtant elle ne se laisse pas faire , Nénaine !!! mais son autorité naturelle est juste .

Allez le travail ne manque pas :

 Nourrir  les poules qui caquètent à la porte du poulailler pressées de picorer le grain lancé à la volée «  petit, petit, petit » …

Ramasser les œufs encore tièdes dans les pondoirs …

Remplir la mangeoire des dindonneaux d'un mélange de  farine d'orge et  d'orties broyées … les orties possédaient  un soi-disant  pouvoir anti-inflammatoire  , croyance paysanne, certes, mais certainement liée à un fond de vérité . Broyer les orties, nous disions d'ailleurs « mincer les orties » , était une activité de « grande » . En effet chacun sait combien ça pique les orties ! et pourtant Timine, mon arrière grand-mère,  les coupait à pleines mains … quant à moi, j'enfilais des gants pour mincer les fameuses urticacées !

Les  canards et les oies s'ébattent dans les vieilles marmites remplies d'eau et pataugent dans la gadoue dès l'ouverture des portes ! portes qu'il est judicieux de fermer tous les soirs , le renard n'est jamais loin . A ce propos, un souvenir précis remonte à ma mémoire : une nuit , Nénaine a entendu une des oies crier , elle a pensé aussitôt au renard …. s'est levée d'un bond, précipitée à l'extérieur …. Je regardais la scène par la fenêtre de la chambre … surréaliste ! ma grand-mère , en chemise de nuit , au milieu du champ, par une nuit de pleine lune, mettant en fuite le goupil qui avait tenté , en vain, de s'emparer de l'oie ! quel spectacle !

La traite des 2 vaches incombe souvent  à Paul, mon grand oncle et parrain. Il remonte de l'étable , située dans le bas de la cour, les deux seaux de lait  accrochés à un joug . Le joug est une pièce de bois , travaillée de manière à épouser la forme des épaules et posée derrière le cou . Deux chaînes fixées aux extrémités permettent d'y accrocher les seaux et de répartir ainsi la charge . J'aime bien moi aussi  transporter les seaux avec le joug …. il faut alors raccourcir les chaînes au maximum pour les empêcher de traîner au sol . Ca fait mal aux épaules mais faire comme les grands vaut bien le prix de cette souffrance !

Dans la laiterie, Nénaine a déjà préparé l'écrémeuse à main, bien sûr, de marque Alfa Laval … Tourner la manivelle de l'écrémeuse nécessite un certain tour de main !!! ni trop vite, ni trop lentement !!! va comprendre !!! mais c'est magique de voir s'écouler la belle crème blonde en faible quantité . Le petit lait  sera utilisé pour nourrir les porcs. Dès l'écrémage terminé, il faut nettoyer l'appareil … la dizaine de cônes de filtration de plus en plus fins !

 Petite pièce fraîche , dallée de carrés rouge brique, indépendante de tous les autres bâtiments pour que l'hygiène y soit maintenue, la laiterie reste un lieu mythique . Les pots en grès contenant la crème trônent sur les étagères.  Il ne faut pas mélanger la crème fraîche avec celle des jours précédents déjà en maturation avant d'être barattée. J'ai gardé le goût de la crème crue , cette légère acidité, cette onctuosité si reconnaissables !

Chaque fin de semaine, le vendredi, c'est le « jour du beurre » ! la baratte est installée dans la cave , au sous-sol de la maison. Cave encore en terre battue à cet endroit, qui garde la fraîcheur l'été. Le beurre , c'est l'affaire de Timine….c'est elle qui dirige les opérations ! La crème a épaissi et atteint la maturité nécessaire. Nénaine verse donc le précieux liquide dans la baratte en bois, ronde comme un tonneau et le barattage peut commencer ! tourner la manivelle d'un geste régulier, regarder par le petit hublot ménagé dans la paroi si les granulations apparaissent, signe du changement de consistance du liquide vers le solide, « sentir » le changement de rythme au bout de la manivelle qui devient plus lourd, « écouter » le son plus sourd des grains de matière grasse qui s'agglomèrent pour atteindre le stade «  beurre » ! la motte se forme et commence à frapper les parois , à « coller » …. Je m'entends crier :  « ça y est ! » Il nous a fallu  environ 45 mn pour transformer 40 l de crème en beurre doré.

Qui va ouvrir la bonde qui retient le « petit lait » ? une de mes sœurs s'est immiscée dans mon univers ….grgrgr !  Le bouchon de liège ôté ,  le petit lait , les pros disent aujourd'hui, lait ribot, se déverse dans un seau. Nénaine va « laver » le beurre  à l'eau fraîche pour le débarrasser des impuretés. Opération délicate de laquelle dépend beaucoup la qualité du beurre.

C'est alors Timine qui entre en jeu : lui revient le pétrissage du beurre pour le « délaiter » c'est-à-dire en extraire toute trace de petit lait. Elle utilise une large cuillère de bois, elle appuie, plie la motte, la ramène sur le bord de la bassine posée de biais sur ses genoux, dans un creux formé par son tablier. Le liquide extrait , elle vide la bassine et recommence l'opération jusqu'à ce que son savoir-faire considère que le beurre est à point et elle procède alors au salage. La Bretagne n'est pas loin et chez nous aussi on sale le beurre , non pas à la Fleur de sel , pas encore à la mode, mais au sel fin La Baleine….. hum ! la belle motte de beurre ! j'ai envie d'y tremper mes doigts et surtout de m'en tartiner une grande tranche de pain de « 3 livres » ! C'est au printemps qu'il est le meilleur quand les vaches paissent l'herbe verte et grasse. Sa texture est tendre alors que l'hiver, quand les vaches sont au régime « foin » ,il est sec et cassant, on a du mal à l'étaler !

Et puis Nénaine modèle les mottes d'environ 500 grs et surtout dessine sur le dessus une petite fleur avec une cuillère à beurre . Je m'y essaie mais je ne réussis pas à égaler son coup de patte ! Ensuite chaque motte est enveloppée dans du papier à beurre ( papier sulfurisé) et conservé au frais dans la laiterie .

Le beurre…..c'est la grande tartine du goûter, le petit puits dans la purée, le bouton d'or sous le menton ( s'il s'éclaire, on aime le beurre !), le quatre-quart  et les madeleines !

 



02/03/2010
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