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Tribune libre - Article paru le 7 novembre 2008

tribune libre

L’espoir de changement est là : soyons sa force !

Par Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF

Après le vote de la base commune, nous avons un défi à relever : faire du 34e Congrès un réceptacle des luttes, des inquiétudes des exigences de l’heure. En faire surtout un levier d’interventions populaires,un moment politique marquant faisant entendre une envie réelle d’ébranler toutes les digues, une confiance dans la capacité de notre peuple à porter une nouvelle dynamique de changement - il a cet espoir au coeur.

Et je suis persuadée que si nous nous y mettons avec créativité, audace, ouverture et dans l’action, nous pouvons y arriver !

Ce congrès va se dérouler dans un contexte à proprement parler « extraordinaire » ! Crise du système, élection de Barack Obama, dogmes libéraux de l’Europe mis à mal… Et, en France, nouvelles offensives antisociales, ripostes qui se cherchent, autres congrès à gauche… Nous vivons des bouleversements considérables.

Tout se joue là, pas dans vingt ans mais là : cette crise, son issue, le quotidien de l’humanité. Faute de perspectives, nous pourrions subir une récession économique mais aussi démocratique, une récession de civilisation. Et a contrario tout peut se lever… Quelle démonstration de la modernité de notre combat communiste ! Quelle actualité de notre ambition de dépassement du capitalisme !

Rédigé il y a trois mois, le texte de base commune que les communistes ont choisi a la qualité de pointer la nouvelle époque qui s’ouvre. Mais la crise pose dans l’actualité des thématiques nouvelles.

Il s’agit donc maintenant non pas d’écrire autre chose, mais bien d’enrichir ce texte. Pas simplement de l’actualiser mais de l’enrichir d’abord et surtout pour hisser les décisions que nous prendrons au niveau des enjeux politiques liés à tous ces faits nouveaux.

L’enjeu de notre congrès, c’est donc de produire une analyse sérieuse et accessible de la crise de système qui frappe au cœur le capitalisme mondialisé ; de porter un message fort dans la bataille politique et idéologique qui fait rage sur la nature DE cette crise, ses conséquences prévisibles pour les peuples, les solutions à y apporter. Un message tout à la fois critique et mobilisateur qui mette en lumière, comme le fait le texte de la base commune, les ravages et tous les potentiels de cette époque nouvelle.

Un autre enjeu est donc celui de la mise en chantier d’un projet politique, qui soit

tout à la fois pleinement celui des communistes et véritablement utile aux forces progressistes, à celles et ceux qui veulent résister et ouvrir un nouveau chemin pour le changement. Un nouveau projet politique énonçant les grandes idées forces, les grandes réformes à la fois possibles et nécessaires à notre époque et les moyens politiques de leur réalisation.

Que veut précisément le PCF ? Quel est son projet ? Que pourrait faire la gauche ? Nous savons bien que si, face au projet de Sarkozy et du MEDEF, les salariés, les citoyens avaient des réponses claires à ces questions, des repères donnant un sens tangible à leur volonté de transformation, les conditions du combat pour le changement seraient considérablement modifiées. Disposer d’un tel projet politique est une des conditions de la contre-offensive des forces progressistes, en France, en Europe, dans le monde. De leur contre-offensive qui est à l’ordre du jour ! C’est ce défi que nous voulons relever.

Nouveau mode de développement, exigence démocratique poussée jusqu’au bout, changements en profondeur de l’Europe et du monde - le texte de base commune avance des pistes qui, pour certaines, constituent de véritables innovations pour notre parti. Sans aucun doute, et même si nous voyons avec la crise que nous présentons des propositions fortes et cohérentes, du travail reste à faire pour rendre ces objectifs plus explicites et plus assumés.

Cet enjeu de notre congrès, c’est au fond l’apport de notre parti à la construction d’une alternative politique, en France et en Europe. Ce que vont décider les communistes à cet égard va-t-il être perçu ou non comme un élément nouveau et pertinent, comme une fenêtre qui pourrait enfin s’ouvrir sur l’espoir d’un changement possible ?

Des millions de nos concitoyens sont dans cette attente. Elles et ils ne cessent de nous le dire : « Alors, la gauche, quand allez-vous enfin vous entendre pour proposer autre chose ? » Pourtant, c’est le blocage.

Les expériences de ces dernières années ont échoué ; je n’y reviens pas. Ne les renouvelons pas. Et, aujourd’hui, le travail effectif à gauche, entre militants et formations constituées, demeure au point mort.

La base commune de discussion décrit une « crise d’alternative à gauche ». Elle est plus vive encore qu’au moment de la rédaction de ce texte. Au point que certains se demandent si l’objectif proposé, « recréer les conditions du changement, du rassemblement de la gauche sur un projet de transformation mobilisateur », demeure un objectif crédible ; et, même, si la notion de « gauche » a encore un sens.

La base commune de discussion propose d’aller exactement à l’inverse de ce découragement. Je le sais, ce choix est critiqué. Il est pourtant tout sauf la marque d’un aveugle entêtement. Je me rends bien compte que rien aujourd’hui ne donne à voir d’une possible alternative progressiste dans notre pays. Mais sans avoir en tête la nécessité de gagner des majorités, sans conserver l’ambition de majorités d’idées et de majorités politiques, qu’avons-nous à espérer sinon de prêcher dans le désert et de laisser notre peuple sans solution durable ?

Si l’on veut ce changement, alors rien ne peut nous faire renoncer à cette ambition de rassembler largement une majorité de notre peuple acquise aux valeurs de progrès social et démocratique - c’est cela la gauche.

Mais la question est énorme : « Comment on y arrive ? » Comment réussit-on cela, qui plus est sur un véritable projet de transformation radicale de notre société ? La seule voie selon moi, même si elle est difficile, est bien de susciter dans la durée, ce que nous n’avons jamais vraiment fait, l’intervention populaire, l’appropriation des enjeux politiques par les citoyen(ne)s eux-mêmes, la conscience populaire de l’importance des transformations à opérer pour changer effectivement et durablement leur vie.

Le texte évoque pour cela, et le congrès doit nous permettre de travailler plus avant cette piste, l’objectif d’un front progressiste et citoyen, se construisant en liant le développement de l’intervention populaire à l’objectif de rassemblement des forces de gauche pour une alternative politique.

Il évoque la création de cadres nouveaux aux formes diversifiées permettant cette dynamique citoyenne ; les étapes et les rendez-vous à envisager pour donner corps à ce processus.

Ce travail à entreprendre ne s’accomplira pas en quelques semaines. La crise du capitalisme fait ressentir avec plus d’urgence encore l’exigence de réponses neuves qui donnent aux salariés, aux citoyens, aux acteurs du mouvement social, aux forces de gauche les moyens de faire front sur des objectifs précis, de se battre ensemble pour un nouveau projet alternatif. Cette conviction et les initiatives qui en découlent doivent, je le pense, irriguer notre congrès. Nous allons sans attendre la faire vivre dans la perspective des élections européennes en engageant suite à l’appel du Conseil national un processus de travail public, entre forces politiques et sociales, militants progressistes, syndicalistes, associatifs, à l’échelle de notre pays et de l’Union européenne, pour construire ensemble des propositions et des listes en faveur d’une réorientation profonde de la construction européenne.

Enfin, un enjeu décisif du congrès touche à notre parti lui-même. Après avoir étudié les différentes hypothèses formulées, je fais le choix comme tant d’autres de la nécessité de faire vivre, de faire grandir, de transformer le Parti communiste français. C’est-à-dire non pas seulement une « organisation », mais un parti politique, dont la vocation est d’être et de demeurer l’une des principales formations politiques de notre pays. Et non pas « un Parti communiste », mais le Parti communiste français, sa force militante et électorale, son implication dans les luttes, sa capacité d’action et surtout son potentiel de développement. Sans doute le texte qui sera adopté au congrès gagnera-t-il à s’expliquer davantage sur les raisons politiques, et non pas sentimentales, de ce choix.

Mais j’écris aussi « potentiel de développement ». Car la question de la vie, du rôle, de l’avenir du PCF demeure ouverte. Son existence dépend bien sûr de la décision de ses adhérent(e)s. Elle dépend surtout de notre peuple. Il ne peut exister, comme parti qui influe sur la société, que si ce peuple a le sentiment qu’il lui est utile. Et il ne peut l’être qu’en se transformant profondément. La base commune est jugée insuffisante par de nombreux camarades sur ce point, mais une fois dit cela, les réponses ne se trouvent pas d’elles-mêmes ! N’avons-nous pas à mieux cerner ces « transformations nécessaires » pour rentrer dans le vif du débat !

Il y a des sujets évidents : le renouvellement profond de la direction nationale et de sa façon de travailler. L’organisation de nos débats et de notre production d’idées permettant à chacun(e) de peser dans la bataille idéologique notamment dans les entreprises. Une vie démocratique permettant à chaque adhérent(e) d’être en maîtrise des décisions. Mais du centralisme démocratique au pluralisme de droit, a-t-on permis à chaque communiste de faire bénéficier notre combat de son apport singulier ? C’est une des questions clés.

Quelle nouvelle étape dans notre fonctionnement devons-nous franchir pour que chaque communiste verse effectivement à la dynamique commune la richesse de son itinéraire, de ses travaux, de son militantisme. Aller dans ce sens, c’est aussi faire vivre la proposition de la base commune d’ouvrir le Parti communiste à toutes celles et à tous ceux qui veulent transformer l’ordre actuel « sans avoir forcément la même histoire, les mêmes références, la même culture que nous ». Le texte qualifie cette proposition d’« initiative politique majeure, visible dans la société ». Sommes-nous décidés à la prendre ?

C’est aussi un des enjeux majeurs du congrès.

Il reste un mois. Un mois d’initiatives, avec les mille rencontres sur la crise économique, la bataille pour La Poste, la victoire est à portée de main, ou le logement, la rencontre internationale du week-end prochain.

Et un mois de débats.

Alors, adhérentes et adhérents de notre parti, femmes et hommes qui refusez l’ordre actuel, rassemblons-nous et travaillons pour que le congrès du Parti communiste soit porteur de l’ambition dont le combat pour résister et pour changer a besoin.

 

 



08/11/2008
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