Marie des grèves ....

est -ce que le nain autiste peut entendre ????

Ils viennent de Paris, Lyon, Toulouse ou Nantes. Pour eux, c’est une première…"

LUC, CHÔMEUR, NANTES

« J’étais intérimaire chez PSA, à Rennes. Je n’ai plus de travail. J’ai rendu mon appartement. Je vis maintenant chez mes parents. Je n’ai jamais participé à aucune manifestation. Aujourd’hui, nous, les salariés, sommes traités comme de vulgaires objets que l’on jette quand on n’en a plus besoin. Ça me révolte. J’ai la rage. »

MÉLANIE, SERVEUSE DANS UN RESTAURANT, PARIS

« Est-ce que je manifeste ? Non, je suis en pause clope ! Cela dit, ça me démange : quand on a appris la baisse de la TVA dans les restaurants, on a demandé à notre patron s’il allait nous augmenter. Il nous a dit : “Ça va être difficile, vous savez, on a encore beaucoup de charges, et c’est la crise économique…” Le pauvre ! »

ANNIE, EMPLOYÉE À LA MUTUALITÉ SOCIALE AGRICOLE, TOULOUSE

« Je suis en grève pour la première fois contre la chute du pouvoir d’achat. On se retrouve tous au niveau du SMIC. Il y a vingt ans on pouvait vivre, aujourd’hui même avec 2 000 euros, c’est devenu très difficile dans une agglomération comme Toulouse où les loyers n’ont pas cessé d’augmenter. »

BÉRANGER, SALARIÉS À CONTITECH CONTINENTAL, LYON

« Ils virent 157 personnes chez nous et nous essayons de lutter contre la délocalisation en Roumanie. Quand je suis entré dans la boîte, il y a quinze ans, nous étions mille cinq cents contre cinq cents aujourd’hui. C’est catastrophique. Les gens de notre société, qui n’ont pas beaucoup de diplômes, mais beaucoup d’ancienneté, ne retrouveront rien. J’ai fait des grèves dans d’autres entreprises, mais c’est la première fois que je manifeste, parce que j’estime que la situation est grave, voire désespérée. »

NOËL, RETRAITÉ COMPAGNON CHARPENTIER, TOULOUSE

« C’est ma première manifestation, la grève n’est pas de notre culture chez les compagnons, mais aujourd’hui je hurle de colère comme retraité et pour dénoncer le contexte actuel. J’ai cotisé quarante-trois ans de ma vie et je me retrouve avec des cacahuètes. Ce n’est plus le travail qui paye mais l’argent qui va à l’argent. Je suis d’une génération où l’on savait que le travail permettait de vivre. Aujourd’hui, et c’est nouveau, je vois des gens qui travaillent et qui dorment dans des voitures… »

FATI, TECHNICIENNE DANS UN LABORATOIRE D’ANALYSES MÉDICALES, PARIS

« Eh oui, c’est la première fois que je manifeste depuis le mouvement anti-Devaquet. C’est le cynisme du gouvernement qui m’a décidée à venir. Hier dans le Monde, Brice Hortefeux (le ministre du Travail – NDLR) a dit que Total avait été maladroit. En gros, ce n’est pas un problème qu’ils licencient tout en faisant des profits faramineux, il faut juste qu’ils mettent des gants pour faire leurs annonces. Alors ce serait juste une question de communication ! Ça me dépasse. »

CATHERINE, MÉDECIN AU CHU, NANTES

« Je ne suis pas syndiquée. Je ne l’ai jamais été. Avant le 29 janvier, je n’avais jamais manifesté. Ce qui m’a décidé à descendre dans la rue, c’est l’envie de dire stop. Privatisation des soins, atteintes aux libertés individuelles, mise à sac des mécanismes de protection sociale… Ce que nous prépare Sarkozy, c’est une société du fric où l’humain n’a plus sa place. Je refuse cette barbarie totalitaire. »

CÉDRIC, CHEMINOT, LYON

« Quand on enlève du pain dans la gamelle, on se défend. Je suis en CDI, mais je suis inquiet. Commeles autres. C’est pour cela que c’est ma première manif. Cela fait du bien. On espère toujours qu’on va être entendu, mais la politique de la SNCF, c’est comme celle des autres entreprises, dès qu’elle peut rogner sur le personnel, elle le fait. On vient pour défendre nos intérêts. »

JEAN, RETRAITÉ DE LA MÉTALLURGIE, NANTES

« Depuis que je suis en retraite, je ne manifestais plus. Cela fait dix-sept ans. J’ai recommencé le 29 janvier. Cette mobilisation me rappelle les luttes ouvrières des années soixante-dix. Je n’ai pas de motif personnel pour être ici aujourd’hui. Je suis là pour les jeunes. Notre jeunesse à nous n’était pas facile. Mais nous avions du travail. Une sécurité matérielle qui nous garantissait la possibilité de nous projeter dans l’avenir. Pour les jeunes, aujourd’hui, l’avenir est bouché. Je ne pourrais pas dormir tranquille en sachant que je n’ai rien fait pour eux. »

SAMIR, DEMANDEUR D’EMPLOI, LYON

« Je suis boulanger de métier, à la recherche d’un emploi. Je sors de l’armée. L’armée, c’est comme les entreprises, ils n’ont plus de sous, ils licencient. J’avais un contrat de dix ans, je suis resté trois ans. C’est honteux. C’est pour cela que je manifeste, c’est la première fois. Je manifeste aussi en solidarité avec tous ces gens qui sont dans la même situation que moi, les ouvriers, les petites gens, ceux qui n’ont presque rien. La solidarité, cela fait du bien… »

ISABELLE, CLERC DE NOTAIRE, PARIS

« Je n’avais jamais eu l’occasion de manifester. Il faut dire que c’est la première fois que je travaille dans une société qui possède un délégué syndical. Mieux, nous sommes la première étude où s’est installée une section syndicale CGT ! La CGT dans le notariat, ils n’avaient jamais vu ça. Quand on a un délégué, ça crée une synergie. On a envie de soutenir ceux qui mettent leur travail en péril pour s’engager pour les autres. On retrouve notre instinct grégaire de la lutte ! Avec la hausse de l’immobilier et la vague des achats, les notaires se sont gavés depuis des années. Mais dès que ça a commencé à coincer, ils se sont mis à dégraisser. Des dizaines de collègues se font lourder comme des malpropres. »

Propos recueillis par Lucy Bateman, Pierre-Henri Lab, Alain Raynal et Émilie Rive

http://www.humanite.fr/2009-03-23_Politique_Ils-viennent-de-Paris-Lyon-Toulouse-ou-Nantes-Pour-eux-c-est




24/03/2009
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